La radio du bon goût

InfoVino

Pas le temps de suivre l’actu du vin que vous aimez ?
Je fouille les Internets pour vous, je choisis avec amour et minutie le meilleur de la presse mondiale – garanti zéro bullshit -, le plus bizarre, le plus inspirant ou le plus énervant. Et je partage mes trouvailles dans la Wineletter.
Normalement, c’est une fois par mois… mais pour Radiovino, c’est une fois par semaine.
Bonne dégustation !
Julie Reux

OCTOBRE

Sale temps sur Bordeaux

Vous en avez forcément entendu parler : le Procès du classement Saint-Emilion, avec pas mal de beau monde dans le box des accusés. Eric Morain défend les plaignants, et le délibéré est attendu le 25 octobre. Quel que soit le verdict, on dirait bien qu’une page est en train de se tourner en Gironde…
Mais il y a une autre affaire qui fait moins la une des journaux : celle de Valérie Murat et de son combat contre HVE et les pesticides. Elle a perdu, a été condamnée à 125000 euros d’amende pour dénigrement des vins de Bordeaux, et maintenant les Vins de Bordeaux veulent l’empêcher de faire appel. Verdict le 13 octobre.

Bio et bon à la fois

« Le vin bio est meilleur que le vin conventionnel, et le vin biodynamique, encore meilleur que le vin bio. » Ceci n’est pas de la provoc mais de la science, nous explique Le Monde, qui évoque là le travail de deux chercheurs français sur 128182 vins français. C’est peut-être un indice pour comprendre pourquoi le bio continue de se développer dans le vignoble, au point que la France représente aujourd’hui un quart du vignoble bio dans le monde (info à replacer dans le prochain dîner mondain, de rien).
Vitisphère a creusé les chiffres, et le premier vignoble bio de France est… Bordeaux, en surface. En proportion (la seule façon valable de comparer, si vous voulez mon avis #datapif), c’est moins foufou, puisque c’est 16,8% de bio à Bordeaux, moins que la moyenne nationale (17,3%). Mais pendant ce temps-là, ils stagnent à 5% en Champagne… Hélas, le temps m’a manqué pour vous faire une petite carte du bio en Loire. Mais voici quelques chiffres intéressants quand même. A Chinon, un tiers des vignerons sont désormais en bio,
par exemple ! Et malgré l’accélération des conversions, il n’y a toujours pas assez de vin bio pour satisfaire la demande.

SEPTEMBRE

Pourquoi les vignerons français ne répondent jamais aux emails ?

En gros : parce qu’ils ont autre chose à faire [EN]. Un petit article bien senti d’HannahFuellenkemper, écrivin / vigneronne en Ardèche, qui résume assez bien la situation, je crois.

Climat (de m.)

En Vendée, ils n’ont pas connu ça depuis 60 ans.
Dans le Sud, on s’interroge sur les effets directs et indirects des incendies sur les vignes ; des domaines entiers ont été détruits en Provence.
En Alsace, en Loire, en Champagne, le mildiou a fait des ravages, au point qu’une dérogation a été mise en place sur les quantités de cuivre autorisées… Bref, dans l’ensemble du vignoble français, c’est une année «éprouvante », euphémise Le Monde.
Et ailleurs, ce n’est pas top non plus. En Californie, ils en sont au point de revoir l’Index (une sorte de carte qui indique où et quoi planter), établie après le phylloxéra. Bref, vivement 2022.

Devoirs de rentrée

A découvrir, si vous ne la connaissez pas, la newsletter « Vinclusif » de Sandrine Goeyvaerts, au nom très explicite. Si le propos vous plaît, ou si justement il vous insupporte, je vous recommande la lecture de son
« Manifeste pour un vin inclusif » (éd. Nouriturfu), publié en cette rentrée 2021.
Vous pouvez aussi écouter avec profit l’ITW de Delphine Aslan, « Le Vin et le Genre ».

Biodynamic wars

Sébastien Lapaque a cherché dans l’Ancien Testamentl’origine des vertus traditionnellement associées à la corne de vache, pour éclairer l’utilisation de ladite corne pour la fameuse « 500 ». Pourquoi pas.
Mais moi, je déclare officiellement foutue toute tentative de débattre sereinement de la
biodynamie. C’est mort.
Par exemple, Le Monde a essayé cet été, avec une série d’articles sur Steiner. Ce qui a valu à ses auteurs une shitstorm d’anthologie sur les Internets. Les coulisses de cette guerre sont à découvrir dans cette longue enquête d’Arrêt sur Image, à compléter utilement par cette enquête de 2020 sur la guerre de l’info scientifique. Ou par le compte-rendu du « procès d’un lanceur d’alerte sur l’anthroposophie » par Rue89Strasbourg (et les commentaires, #ohmygod).
Ma conclusion : on n’a pas le cul sorti des ronces.

Pourtant, “l’étude d’une centaine de publications scientifiques indique une amélioration d’environ 70% des indicateurs biologiques du sol en agriculture biodynamique (…) », un article à lire dans Vitisphère. Et qui pourrait clore le débat, mais non, puisque c’est plus rigolo de parler des forces cosmiques et des êtes surnaturels qui se « cachent ».