FIERA DI U VINU à Porto-Vecchio
Une forme de reconnexion à l’essentiel, à la terre, à la culture, aux Hommes, à Dieu même. Ce grâce à la terre Corse, qui ne cède rien à la frivolité facile, mais révèle dans les profondeurs de son âme, dans l’émotion pudique et sincère versée dans des mots ou dans des verres, la beauté puissante de son histoire et de son vignoble. Chance pour RadioVino, elle est choisie pour l’aventure Corse de Fiera di u Vinu à Porto-Vecchio, édition 2025. D’Orly city plage et ses moments suspendus, nous décollons en direction de Bastia, nous préparant au meilleur. Mais il faut bien l’admettre, notre imagination n’était pas encore assez fertile. C’est une sacrée émotion quand la terre Corse se dessine sous la banderole d’arrivée multicolore de l’arc en ciel. A terre, l’air est doux et marin. Les éléments sont avec nous et nous faisons connaissance avec les cavistes, restaurateurs et autres sommeliers qui nous accompagnent. Le micro doit se faire apprivoiser, on parle beaucoup de lui sans le voir vraiment pour l’instant. S’agit-il d’une crainte réelle ou d’une curiosité mêlée d’attraction. Les deux sans doute. Pour cette première soirée en tous cas, le micro vintage reste au repos et cela apaise les esprits. D’autant que les vins et les plats du restaurant I Fuletti accaparent notre attention et notre palais. Le lendemain d’ailleurs, nous travaillons d’arrache-palais pour déguster les vins sélectionnés pour le concours régional des vins corses. La dégustation des rosés prend des allures de film à suspense, et les vins corses nous dévoilent leurs caractères, leurs singularités et surtout leur grande qualité. Nous améliorons encore notre prononciation des cépages ! Puis nous nous dirigeons vers une aventure humaine et émotionnelle intense au domaine Torracia, accueillis par Marc Imbert. Affublés par lui de notre surnom attendrissant « fleurs de bitume », nous arpentons les chemins du maquis dans une jeep improbable, vers les vignes des hauteurs de Porto-Vecchio, vignes qui n’ont jamais connu de produits de synthèse. Tantôt nous rions comme des enfants qui valdinguent à l’arrière de la jeep, tantôt nous sommes pendus aux intuitions de Marc qui déroule ses observations de la nature et nous rappelle cette règle d’or: «un binage vaut 2 deux arrosages ». Et une fleur de bitume avertie en vaut 5 ! Nous enchaînons ensuite par le banquet des vignerons au domaine Peretti. Dans ce lieu paradisiaque, les beignets au brocciu à l’apéritif circulent autour des invités, accompagnés de larges sourires et bien sûr de verres de vin ou de champagne. L’orchestre joue. La lumière est superbe. Nous croisons Jean Laurent Vacheron venu tout droit de Sancerre, décrivant le paysage à la manière d’un climat bourguignon, faisant également le lien entre le vigneron et son paysage. L’entrée dans le chai, immense, sous les guirlandes lumineuses ornant le plafond et accompagné.es de chants corses restera longtemps gravé dans nos cœurs. C’est qu’en Corse, on ne badine pas avec l’accueil. Quelques heures plus tard le salon commence. Une fois la Fieria di u Vinu inaugurée et bénie, place à la dégustation. Nielluciu, Ciaccarellu, Vermentinu, autant de cépages qui rassemblent et mettent en valeur chaque terroir. La remarquable, Caroline Franqui, Directrice du Conseil de l’Interprofession des Vins Corses (CIVC), nous le confirme : c’est la force du collectif et de l’union. Comment ne pas, sur la terre corse, réaffirmer le vin comme ce patrimoine immatériel de l’humanité, fédérateur de traditions et objet culturel polymorphe? Le reaquistu, synergie collective et culturelle, a aussi planté les germes de cépages oubliés qui peuvent aujourd’hui relever le défi du réchau[ement climatique, dixit le domaine Leicca. Laurent Courtial, de l’agence Rouge-Granit, instigateur de ce séjour, nous raconte l’amour qu’il a pour la terre corse, son vignoble, ses montagnes, et l’importance de prendre le temps d’écouter et de comprendre la culture de l’Ile de Beauté. Il développe par ailleurs un éloge de la paresse tout à fait éloquente, car selon lui: « Pour en faire le moins possible, il faut réfléchir beaucoup » ! C’est tout l’art de créer des moments superbes et en apparence légers, soutenus par une profondeur solide et durable. Du commun en somme, avec la Corse, ses vins et ses Hommes. Et puisque nous pensons avec Marc Imbert, que « la seule mémoire qui reste, c’est la mémoire émotionnelle », alors préparez vos bagages. A vos verres, Prêts, Rencontres !
Interview : Françoise Ducarne
Montage – Thierry Poincin
Photos : Françoise Ducarne
Musique : I Muvrini – A te Corsica
Production : RadioVino
Diffusion : Juin 2025
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