Paul Reder – Leçon de vie/gne
Nous étions alors en pleine tourmente professionnelle, du genre catastrophique.
Anne est coach et elle a soutenu la période. Puis elle est revenue aux nouvelles autour d’un café.
Le vin est naturellement apparu dans notre conversation. Le vin et son frère, Paul.
Nous voilà donc partis sur les traces de la garrigue sétoise, terre d’accueil d’un petit fils de Lorrain qui a traversé la Méditerranée, et a planté des vignes dans l’Algérie colonisée.
Le retour en France se fait en 1959 avec de l’élevage de brebis, puis l’héritage de15 hectares de vignes. Paul est le fils d’Alain, petit-fils du planteur de vignes.
La friche de garrigue, terre d’élevage de moutons, devient aussi vignoble.
Nous avançons sur la route qui traverse le maquis, avant d’apercevoir le panneau en bois indiquant « Comberousse ». Un air de far-west siffle à nos oreilles. A notre arrivée, nous trouvons Paul sur le chemin caillouteux de la garrigue, discutant avec un randonneur.
Nous nous arrêtons et nous approchons de la conversation,un signe de tête en guise de reconnaissance. On parle du loup sur le chemin de Comberousse, de son génie de la prédation. Malgré les dangers, Paul tient à laisser son troupeau paître en liberté.Sous le hangar qui tient lieu de cuvage, nous faisons connaissance. Paul est géologue de formation. Son domaine, ce sont les espaces sous terrains et l’étude des paramètres constants. Pourtant, à l’instar d’Héraclite, Paul a bien conscience que la seule permanence est celle… du changement, notamment climatique. L’adaptation est le maître mot. La question de la propriété, de la transmission, de la formation, de la culture de la vigne et de l’alimentation comme autant d’objets politiques imprègnent le discours du vigneron-pasteur. A l’heure où la question de la sécurité sociale alimentaire émerge, cette vision résonne. Dans le wagon de congélation de la Deutchbahn, alias le caveau de dégustation et de stockage, la conversation prend encore de l’épaisseur. L’attachement au lieu, le deuil, l’aide aux cédants, à quel moment lâcher-prise ? Les questions philosophiques dialoguent avec la chair de l’existence.
C’est bien normal, puisque selon Paul: « le vin aide à réfléchir donc il ne faut pas arrêter d’en produire ».
A vos verres, prêts, rencontre !
Interview : Françoise Ducarne
Montage – Thierry Poincin
Photos : Françoise Ducarne
Musique : Hermanos Gutiérrez – Esperanza
Production : RadioVino
Diffusion : Mai 2025
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