La radio du bon goût

Immerpif !

Julien Gangand s’est immergé dans les vignobles, curieux de mettre les mains dans la terre, manier le sécateur, fouler, monter un pressoir, suivre les vinifs… nous suivons ses aventures au fil de ses billets sous forme de journal (presque) intime.
Une série conçue et enregistrée par Julien Gangand.

Immerpif, ép. 12 : C’est le sud

Direction l’Hérault pour Julien qui se réimmerge chez Aurélien Petit après une escale lyonnaise.


Texte, son : Julien Gangand.
Montage : Laurent Le Coustumer.
Musique : Booboo’zzz All Stars Ft. Ryadh – Le Sud (Nino Ferrer Cover).

C’est le sud Ca y est, j’ai quitté la Loire ! La semaine dernière j’étais de passage à Lyon, l’occasion de revoir des copains pinardiers mais pas que. Un bref passage dans ma vie normale. Normale au sens avant tout ça, normale au sens, le bitume et non la terre, les pots d’échappement, les mains beaucoup moins dans le végétal, les horaires de lever et coucher décalés bref une vie lyonnaise, ma vie lyonnaise. Un soir, un verre à la main sur une terrasse fraîchement ré-ouverte, on refait le monde, comme souvent, je parle de mon passage en Val de Loire, de ces podcast… et là Sylvain, un pote, me sabre, avec bienveillance sur le tout dernier… genre « Mouais, il était pas mal »… je vais donc essayer de m’appliquer ici d’avantage ! Il faudra un jour que je fasse un podcast sur les podcasts car c’est aussi un apprentissage, et un bidouillage ! J’ai quitté Lyon pour le sud il y a quelques jours et suis arrivé en Languedoc à Montpeyroux plus exactement. C’est chouette le sud, les vacances, le soleil, la plage, la mer… On est dans l’Hérault à l’ouest de Montpellier, au pied des contreforts du Lazarc. Sous le soleil et dans le vent, le changement de décor est total pour le mois de juin à venir. C’est chouette le sud… mais les seules vagues que je vois depuis quelques jours sont les mouvements de feuilles et les ondulations de rangs de vigne, « la grande verte »… On change de climat, de terroir, de paysages, de cépages. On change d’état d’avancement dans les vignes. On est en France, on fait du vin mais tout est si différent, tout est pareil, tout change ! J’ai posé ma valise chez Aurélien Petit, Le Petit Domaine. Aurélien je l’ai rencontré il y a quelques années comme pour beaucoup de vignerons sur des salons, mais plus spécifiquement au salon Les Débouchées à Lyon. Aurélien fait partie de ces jeunes vignerons, jeune en âge, on a quasi le même, mais aussi jeune en nombre de millésime… il a débuté en 2012, c’est à la fois si proche et si loin… c’est vrai ça finalement, si on ne tient pas compte du nombre de cuvées, un vigneron a l’occasion de faire, quoi, à peu près une quarantaine de millésime dans une carrière, une quarantaine d’opportunités pour apprendre, manœuvrer, gérer, rebondir, dompter, comprendre son sol, son terroir, son climat. Donc huit millésimes c’est déjà pas mal en fait, si en plus on tient compte plus des aléas climatiques, souvent la chaleur ici, le coup de chaud de l’été 2019 a été rude à encaisser ! Bref, mon arrivée ici coïncide avec un avancement de la vigne et donc de ce que l’on appelle le travail en vert. Toujours les mains et la tête dans les ceps, mais avec maintenant des ceps fournis, des grappes apparentes et du végétal un plein rush. J’ai commencé Immerpif, les ceps étaient nus, maintenant on palisse, on enlève les entre-cœurs, on écime, on épampre, on traite, on craint le mildiou, on tond, on passe le rotofils. Aurélien a opté pour un enherbement de ces parcelles afin de faire notamment revenir la faune et la flore… cette herbe il faut donc la gérer… aussi ! On a également soutiré les rouges. La cuverie est sous la maison. Un soutirage, c’est un tétris, on jongle entre les cuves, les barriques. On soutire et on assemble. Ça tient ! Les cuves sont emplies, elles seront prêtes pour l’embouteillage dans un mois. Les noms de cuvées ont souvent rapport avec la mythologie, le grand, le petit, même si c’est pas la taille qui compte… Je retrouve du chenin, ici aussi mais d’autres cépages prennent placent : syrah, clairet, carignan, mourvèdre. Mais on en reparlera… c’est bien d’être dans un grand Petit domaine !


Julien Gangand