La radio du bon goût

Immerpif !

Julien Gangand s’est immergé dans les vignobles, curieux de mettre les mains dans la terre, manier le sécateur, fouler, monter un pressoir, suivre les vinifs… nous suivons ses aventures au fil de ses billets sous forme de journal (presque) intime.
Une série conçue et enregistrée par Julien Gangand.

Immerpif, ép. 6 : Oudon do Brazil

En cette fin de deuxième semaine d’avril, Julien est toujours confiné (avec de la place) à Oudon. Entre deux coups de sécateur, il a le temps d’imaginer un week-end pascal spécial… sur fond d’accordéon !


Texte, son : Julien Gangand.
Montage : Laurent Le Coustumer.
Musique : l’accordéon de Nico !

Oudon do Brazil Immerpif d’Oudon, good morning d’Oudon… mais d’où ? d’Oudon ! J’ai l’impression d’être dans « Un jour sans fin » avec son fameux jour des marmottes ! On va être honnête je suis un privilégié du confinement. J’habite habituellement un 50 mètres carrés à Lyon et là j’ai quelques hectares comme périmètre sécurisé. Je fais moins d’ordi et plus de sécateurs. Pour ce 7ème épisode [ndlr : on a numéroté le prologue 0, donc on est au numéro 6…], je voulais lever un peu le pied, non pas sur les podcasts, mais l’idée en ce week-end de Pâques était d’en faire un moins technique, plus un truc d’ambiance. Depuis le dernier, je sollicite des potes musiciens pour la bande son. J’appelle Nico, un pote accordéoniste… Je reçois l’enregistrement un matin, je suis dans les vignes. Et là : Samba ! Je ne m’attendais pas à du Verchuren ni à de la guinguette de sa part, ou alors une adaptation, mais de la Samba… Je lui demande un son « pinard » il m’envoie de la Samba, je kiffe. J’arrête la rédaction de mon billet. Feuille blanche, on recommence ! Oudon do Brazil ! Bienvenue donc à Oudon do Brazil, la température extérieure est de 25 degrés, ça tombe bien. On trouvera bien une parcelle avec des sédiments tertiaires : argiles, sables à galets pour faire office de plage ! 25 degrés c’est bien, ne viens pas à la maison mais y’a le printemps qui chante, on s’fera un skype. Le printemps s’installe. On pense aux repas de familles et banquets d’amis, vous savez ces repas trop longs ou trop courts. Ces repas où au début on n’a pas toujours grand-chose à dire et qui finalement n’en finissent pas ! On parlerait de quoi ? Quels seraient les sujets d’engueulades ? On disserterait sur quoi ? Les repas de copains, on parlerait de nos week-end ? Des vacances à venir ? Tout serait programmé. Oudon do Brazil ! Moi j’y suis en tous cas ! Vous avez réservé votre agneau ? Et vos chocolats ? Dépêchez-vous Kinder va faire gueule ? ah oui c’est Pâques ce week-end ! Imaginez la (s)cène, c’est de circonstance. Prenez du recul, vous la voyez cette table de copains ? Sauf un il paraît. Ils sont treize, et pas une femme ! Prenez encore un peu de recul, allez un peu plus. Léonard va revenir il est parti chercher des rallonges, il a eu un contrôle, les distanciations sociales n’étaient pas respectées. Ça fait presque rêver une table de copains, même avec le respect de la distanciation, ça serait chouette une tablée de potes. On boirait quoi d’ailleurs, on mangerait quoi ? du vin nature j’espère, des produits en circuits courts j’espère, vous savez ces productions dont nombre de nos concitoyens viennent de redécouvrir l’existence ? Il y avait donc une tablée de copains il y a, à priori, quelques 2000 ans, ils mangeaient, du pain sans levain, un ragoût de haricots, de l’agneau, des olives, des herbes amères, une sauce de poisson et des dattes et du vin de Palestine, du Neheleschol ? un raisin de table du coin ! Moi je ne sais pas encore. Il faut que je me renseigne s’il y a de la caïpirinha à Oudon do Brazil ! On s’habillera bien pour notre repas de copains, on se fera Magniffffique ! Pour une fois il n’y aura pas de téléphones sur la table ça sera chouette, la table sera dans le téléphone ! On pourra mettre les pieds sur la table et même, les pieds dans le plat sur les sujets d’actualité ! on trinquera à distance en mangeant de l’agneau confit-tout court !


Julien Gangand