La radio du bon goût

Immerpif !

Julien Gangand s’est immergé dans les vignobles, curieux de mettre les mains dans la terre, manier le sécateur, fouler, monter un pressoir, suivre les vinifs… nous suivons ses aventures au fil de ses billets sous forme de journal (presque) intime.
Une série conçue et enregistrée par Julien Gangand.

Immerpif, ép. 2 : C’était bien, chez Loren !

Au début de son Immerpif, Julien est à Saint-Pourçain-Sur-Sioule, chez Loren Tisserand. Il s’y initie à la taille, fait quelques livraisons, et goûte au chai sur fond… d’Offenbach.


Texte, son : Julien Gangand.
Montage : Laurent Le Coustumer.
Musique : – Michel Delpech, Chez Laurette | – Jacques Offenbach, Barcarolle, dans Les contes d’Hoffmann

C’était bien, chez Loren ! La première étape de mon Immerpif a eu lieu, il y a quelques semaines, le 4 mars exactement. Ne sachant par où commencer, j’avais choisi de faire « local ». J’ai sollicité Loren, qui m’a répondu tout de go ! C’était parti. Alors me voici à prendre le train pour Moulin. Mais si, vous savez, Moulin, dans l’Allier. Loren est une « jeune » vigneronne, elle est revenue sur le domaine familial en 2015. Me voici donc arrivé en gare de Moulin, ce 4 mars, Loren m’attend, on se claque la bise. Oui on pouvait encore à l’époque. Je ne connais pas le programme je me laisse porter, on a envisagé de la biody, à voir. Loren m’embarque… en livraison. Moi qui me voyais dans les vignes ou la tête au-dessus du fût ! On commence par de la bagnole. Et oui, faire du vin c’est bien, mais il faut le vendre, une dégut’, deux livraisons et de beaux échanges avec des revendeurs, des prescripteurs en fait, un des maillons de cette chaine du vin. Mais revenons-en à Loren, je ne sais plus trop mais j’ai dû la rencontrer sur des salons. Le domaine est basé à Saint Pourçain. Stop, je m’arrête. Ce billet est un exercice de diction pour qui a, comme une fantaisie linguale. En clair, Loren Tisserand fait du Saint Pourçain avec du Tressalier avec des sols argilo-silicieux. Gloups, ça s’est dit ! R’met moi une rasade. Oh merde, y a encore un S… A Saint Pourçain on est dans les vins d’Auvergne et ceux du vignoble ligérien, l’adjectif relatif à la vallée de la Loire. Loren bosse au domaine avec ses parents, Luc et Claudine, qui ont passé le domaine en bio en 2010. Elle a donc un beau et sain terroir quand elle revient sur le domaine, à elle de jouer maintenant sur les vinif’. On a fait de l’étiquetage, non pas que ce soit passionnant, mais nécessaire, ça permet aussi de réfléchir, cette rythmique, de réfléchir sans réfléchir, et puis dans quelques jours, y’a salon. Moins mécanique fut le jeudi. A la taille ! On part dans les vignes, rejoindre Luc. On se cale, un sécateur à la main. Let’s go ! Pause. « Hey Loren, je fais quoi là ? » -Et bien, tu regardes le cep, tu le comprends et tu laisses 2 coursons, une baguette, 2 yeux par coursons et pour la baguette ça dépend, tu gères. Et au côté opposé de l’année dernière. Je me mets donc devant le cep, je cale… Je le regarde, j’essaye de le comprendre. Je suis perplexe. la taille est complexe et très personnelle pour les vigneronnes. Une mauvaise taille engendrera, hors autres péripéties dans l’année, une mauvaise récolte. Le sécateur est manuel, un coup sec ! Ne pas blesser le cep, ne pas stresser le bois… J’opte pour une stratégie d’accompagnement, je demande donc à Loren de valider mes choix. A priori, ils sont bons. Au bout de quelques pieds, je me lance. J’avoue ne pas avoir été des plus productif ! Je ne pensais pas me retrouver « si seul et un peu con » devant un cep ? Tailler c’est comprendre le cep, comprendre comme il a été taillé auparavant et vers quoi on veut l’emmener. Bref j’ai réussi. 
Verdict de la patronne, « ça va, t’as plutôt bien compris. » 
Ouf ! Il y aura à boire ! Durant ces quelques jours, bien évidemment un tour au chai. Le nez sur les fûts, et goûter les vins en cuves, un plaisir, une communion. 
Dans le chai, Loren met en permanence de la musique. Le verre en main, le vin en bouche, Offenbach nous accompagne. Vendredi matin, on se lève tôt, pour un doublé Canon. Loren m’embarque à Nantes pour le salon Canons, un salon de vigneronnes. Sur le chemin on fera un pause chez l’ami Antoine, dans sa cave Canon, à Poitiers !


Julien Gangand

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